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mercredi 22 juillet 2009

Le plafond de verre ou le plancher de glu ?

Cette vidéo date un peu mais elle est toujours d'actualité. Malheureusement...

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vendredi 10 juillet 2009

Inégalités hommes-femmes : un rapport de plus ?

EDIT du 16 juillet : apparemment, c'est surtout la proposition de Brigitte Grésy sur les quotas qui enthousiasme le plus les médias. Pour preuve, L'Express a écrit pas moins de 4 articles en une semaine sur le sujet, le dernier se trouvant ici. Le Parisien a plutôt mis Nadine Morano à l'honneur. La secrétaire d'Etat à la famille s'est dit "choquée" par l'idée des quotas tout en avouant que "c'est un mal nécessaire". Le Monde de son côté, a préféré donner la parole à des dirigeantes résolumment... contre les quotas !
Pour rappel, j'avais évoqué ce sujet en novembre 2008 ici sur ce blog. Le débat des "pour" et des "contre" avait été passionnant. Il est d'ailleurs toujours ouvert ;-)

gouv_egalite.jpg Il a été rendu public mercredi dernier. C’est le rapport préparatoire à la concertation avec les partenaires sociaux sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, concocté par Brigitte Gresy, inspectrice générale des affaires sociales (IGAS). Un pavé de 123 pages !

Rien de vraiment neuf dans sa première partie.
Nous sommes surreprésentées dans les emplois non qualifiés, nous sommes plus nombreuses à être au chômage, à ne pas bénéficier de la formation continue, à subir le temps partiel, à vivre avec le Smic, à arrêter de travailler avec l’arrivée des enfants, à toucher une petite retraite, à gagner moins à travail égal, à ne pas être "visibles" dans les instances dirigeantes des entreprises cotées en Bourse...

Je vous fais grâce des chiffres. Toujours aussi accablants ! Répétitifs depuis des années. Pour un peu, on en serait presque blasée ! Il n’y a qu’un homme pour s’en étonner et s'en offusquer. Et non des moindres. Xavier Darcos, notre nouveau ministre du Travail. "Cette réalité nous fait honte" a-t-il déclaré lors de la présentation du rapport. Et nous donc Monsieur le Ministre. Et nous donc…

Brigitte Gresy ne s’arrête bien sûr pas à ce constat. Elle dénonce la rareté des accords égalité au sein des entreprises, l’insuffisance des contrôles, la frilosité des juges. On en est toujours au stade des bonnes intentions, mais pas de mesures concrètes et encore moins de sanctions alors que les lois sur l'égalité professionnelle s'accumulent depuis 25 ans ! L’Inspectrice générale monte donc au créneau. Elle a présenté 40 propositions pour "convaincre et contraindre" les acteurs sociaux et les entreprises à s'engager davantage.

Parmi les préconisations : réformer le congé parental, sanctionner les entreprises qui ne fournissent pas le fameux rapport de situation comparée établi à ce jour par seulement un tiers d’entre elles, sanctionner celles qui ne déclinent pas leurs objectifs chiffrés d’égalité dans un accord ou un plan unilatéral, améliorer les conditions d’accès aux droits à la retraite, imposer les quotas dans les conseils d’administration (40% de femmes)…
Je vous renvoie vers le rapport pour les détails des propositions (page 88) ou sur sa synthèse pour les plus pressées d'entre vous.

Réactions de Xavier Darcos : il a promis de revoir cette histoire d’inégalité salariale "d’ici deux ans" (Le Figaro) et s’est montré "prudent" sur la question des quotas (Les Echos).

Et bien, rien qu'avec ce genre de réflexions, je vous laisse présager de la tournure que prendra la concertation sur l'égalité professionnelle prévue à la rentrée...

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samedi 4 juillet 2009

Elle a réalisé le rêve de sa vie : devenir infirmière

femme4 J'ai repéré son parcours sur Facebook et aussitôt, je me suis dit qu'il fallait que je vous le fasse partager. Avec son accord bien sûr. Elle a accepté avec grand plaisir. Alors voilà, je vous présente Pascale, 42 ans, qui après s'être "morfondue" dans un poste d'assistante comptable pendant onze ans, a décidé de réaliser le rêve de sa vie : devenir infirmière.

Qu'est-ce qui a déclenché ton envie d'être infirmière ?
Je voulais être infirmière depuis mes 15 ans. Mais en terminale, une conseillère d'orientation m'a dit que je n'avais plus le droit de passer le concours avec un bac B, ce qui était complètement faux. Et j'ai fait l'erreur de ne pas m'être renseignée ailleurs. Je suis donc allée en fac "pour faire quelque chose" mais sans aucune motivation. J'ai passé une licence administration économique et sociale, puis j'ai été assistante comptable chez un expert comptable. Mais l'envie de devenir infirmière ne m'a jamais vraiment quittée.

Quel parcours as-tu suivi pour y parvenir ?
J'ai passé une première fois le concours d'infirmière à 29 ans, sans aucune préparation. J'ai échoué haut la main. J'avais alors un enfant de 2 ans. J'étais de plus en plus mal dans ma vie professionnelle. Il fallait que je tente à nouveau le concours avant d'être trop âgée. En accord avec mon patron, j'ai été licenciée en 2000. J'ai préparé le concours à l'aide du GRETA pour une remise à niveau en français et une aide pour les tests psychotechniques demandés pour l'écrit. J'ai réussi le concours en 2001. J'ai suivi 36 mois de formation à l'institut en soins infirmiers de ma ville, à Montbrison.

Cela t'a-t-il paru difficile ?
A l'époque, j'avais 35 ans et 2 enfants de 8 ans et 5 ans et demi. J'étudiais quand ils étaient couchés, après 21 h ou les matins dès 4 h du matin. Oui, ça a été très difficile pour plusieurs raisons :
- j'avais des problème de mémoire. Les premiers temps, j'oubliais au fur et à mesure ce que j'apprenais !
- les études d'infirmière demandent beaucoup de travail et une énorme "pression" tant à l'école que pendant les stages. Mon école est réputée pour être une des meilleures et élimine les personnes plutôt que de les voir échouer au diplôme...
- je me suis beaucoup remise en question : cela a été assez douloureux mais très salutaire. J'ai souvent failli tout arrêter. Il fallait "rentrer dans le moule" et j'ai eu beaucoup de mal à accepter certaines contraintes parce qu'on est toujours jugé, évalué.

Comment ton conjoint a-t-il vécu ton virage professionnel ?
Mon mari a tout de suite été d'accord pour que je fasse ces études. Mais il m'aidait peu. Il était artisan, donc souvent absent. J'ai évolué, changé psychologiquement, je me suis épanouie et peut être "émancipée" par rapport à lui. Ce qu'il a assez mal vécu. J'ai eu pas mal de reproches de sa part. Il me disait : "depuis que tu es infirmière..." Bref, notre vie de couple en a fortement pâti. Nous sommes actuellement en instance de divorce et bien que nos problèmes dataient d'avant, mes études d'infirmière n'ont fait que les empirer.

Comment ton virage professionnel a-t-il été compris par ton entourage ?
Ma famille et mes amis étaient contents pour moi et fiers que j'y sois arrivée. Mes enfants m'ont beaucoup aidé. Dans mes moments de découragement, et malgré leur jeune âge, ils me soutenaient en me disant : "Tu ne vas pas arrêter ce que tu rêves de faire depuis si longtemps !".

Aujourd'hui, où exerces-tu ton métier ?
Dans un petit hôpital de ma ville à Montbrison, au service pneumologie - cardiologie.

Quelles satisfactions en retires-tu ?
C'est que du bonheur ! On me dit plus ouverte, plus épanouie. Pour rien au monde, je ne laisserais ma place. On relativise beaucoup, on n'a pas l'impression de donner car pour moi, c'est normal mais on reçoit beaucoup. Je ne regrette pas mon choix, juste de ne pas l'avoir fait avant !

(Encore un grand merci Pascale pour ton témoignage)

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