J’avais beau expliqué que ma force était justement de pouvoir écrire sur tout, rien n’y faisait. Etre multicasquette était un handicap, là où je pensais que c’était un atout. Il a fallu me faire une raison. J’ai donc décidé de couper quelques unes de mes tentacules pour me plier à la demande du marché.

Si je vous parle de cette expérience, c’est que je constate encore aujourd’hui (une vingtaine d’années plus tard donc), qu’avoir un profil de généraliste et donc de touche-à-tout reste difficile à défendre au cours d’un entretien d’embauche. Les recruteurs sont comme mal à l’aise. Ils saluent votre performance, votre enthousiasme, tout en se montrant bien sceptiques.

Vous avez une formation de haut niveau, plutôt universitaire, genre Bac+5, voire plus ? Vous avez accumulé différents jobs, juste guidé par des coups de cœur ? Vous êtes prêt à vous investir sur n’importe quelle mission, n’importe quel projet, uniquement parce que vous êtes très motivé. Très bien, parfait ! Mais curieusement, on ne sait jamais vraiment ce qu’on va bien pouvoir faire de vous. Quelle est la logique de votre parcours ? Quel est le fil conducteur de votre plan de carrière ? Aucun, Monsieur, mais là est toute ma force ! Aïe, mauvaise réponse. Vous êtes le maillon faible.

Les recruteurs ont cette triste habitude de toujours vouloir vous glisser dans une case. Ils recherchent le candidat moulé par la même école, le même parcours, les mêmes expériences. L’atypique dérange, inquiète, perturbe. De là à parler de discrimination de compétences… Oui au pays du clone, il ne fait pas bon sortir du lot. Quel gâchis, ne trouvez-vous pas ?

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